Le parcours du combattant pour être parents [Partie 2]

Sur mon ordonnance, j’ai ordre d’appeler la PMA dès que j’ai mon premier jour des règles. Il fut en milieu de mois et je m’exécuta. Une sage-femme, très gentille, m’expliqua alors ce qui allait se passer les jours/semaines à venir, même si la Gygy me l’avait déjà dit, une redite était bienvenue pour assimiler tout ça. En plus de la vitamine B9 que la Gygy m’avait prescrit quasiment après le premier rendez-vous (ça ne fait pas de mal il parait), je devais pulvériser un médicament, à une date précise du cycle, dans le nez via un spray nasal : le synarel. Il sert à mettre au repos l’hypophyse pour contrôler le cycle. Cela commence au milieu du cycle à peu près, et on fixa alors une date pour une première échographie et prise de sang de contrôle, environ 3 semaines plus tard.

On est alors mi-Novembre 2014. La première écho sert à contrôler que les ovaires sont bien au repos. La sage-femme me rappelle dans l’après-midi pour me donner le dosage du reste du traitement: les piqures. Jusqu’alors c’était une partie de plaisir mais voilà que les choses se corsent.

Je dois donc m’injecter tous les soirs en 18h et 20h, un produit Le Gonal-F. Il s’agit d’un style avec une aiguille à usage unique, à changer donc tous les jours. On choisit le dosage en tournant l’embout, on désinfecte une petite zone sur le ventre ou sur la cuisse au choix et on pique en appuyant doucement sur l’embout.

Pour ma part, j’ai choisi de faire ça dans le ventre, plus simple, juste le T-Shirt à relever, plus facile d’accès et quand on vous dit de le faire doucement, il faut VRAIMENT le faire doucement sinon on le sens bien passer et on jongle pendant quelques minutes…

On fait ça tous les soirs si possible à heure fixe, jusqu’au prochain rendez-vous qui est 4 jours plus tard. Pendant ce rendez-vous, de nouveau une échographie et une prise de sang pour contrôler comment cela évolue. Et ça évolue bien. En effet le Gonal-F sert à stimuler les ovaires pour produire le plus d’ovocytes possibles.

Dans un cycle normal, on en produit très peu, quelques-un, mais là c’est environ une dizaine voire plus par ovaire.

Même rituel, la sage femme rappelle dans l’après-midi pour le dosage et fixe le prochain rendez-vous. En tout il y en a entre 4 et 5 en fonction de l’évolution, comment on réagit au traitement, etc. Après tous ces rendez-vous soit une quinzaine de jours, la Sage Femme programme la ponction et nous donne les dernières consignes du traitement. Hop on arrête le Gonal-F (mais on ne se réjouit pas trop vite) et je dois alors m’injecter le surlendemain l’ovitrelle.

L’ovitrelle se présente sous la même forme que le Gonal-F, en stylo, mais cette fois-ci avec un dosage unique et une prise unique. Il sert à rendre mature les ovocytes afin qu’ils deviennent des ovules fécondables.

L’injection se fait alors à une heure précise : 22 heures. Le lendemain, on attend bien sagement et là on n’a plus rien à prendre! Le surlendemain est programmé la ponction ovocytaire, sous anesthésie générale, rendez-vous donc à 7h du matin au CHU, le 8 décembre 2014. Le réveil pique un peu, le stress monte mais c’est pour la bonne cause. Ca doit être la phrase que je me suis répétée un nombre incalculable de fois durant le protocole et même après : « C’est pour la bonne cause ».

Pendant qu’on me fait la ponction, mon mari va faire un recueil et revient ensuite me chercher à midi. On doit alors passer au bureau de la Sage Femme pour obtenir le compte-rendu de la ponction. Tout s’est bien passé, 9 ovules ont pu être ponctionnés, malgré le fait qu’à l’écho, il y en avait 15, mais la taille de ceux-ci jouent beaucoup sur le fait qu’ils soient récoltés ou non. Elle me donne également un arrêt de travail de 7 jours (C’est le protocole pour une FIV avec anesthésie générale). Le lendemain, elle m’appelle pour me donner le nombre d’ovules fécondés et qui évoluent, et me fixe l’ultime rendez-vous: le replacement de(s) embryon(s).

Le 10 Décembre 2014, on a rendez-vous à 10h30 au laboratoire de reproduction du CHU pour le replacement. Mais une heure avant on doit passer voir la Sage Femme pour qu’elle me fasse une injection de doliprane intra-musculaire afin que mes muscles se détendent. Puis, on revoit alors ma Gygy que je n’avais pas vu depuis un bout moment. Elle nous fait le topo, nous explique l’évolution des embryons et nous demande combien on souhaite en replacer. On en avait déjà pas mal discuté avec Chéri et le choix de 2 nous est venu naturellement. Lorsqu’on annonce notre choix, la Gygy nous prévient qu’une grossesse gémellaire est plus compliquée et risquée, et elle nous laisse alors 10 minutes pour qu’on en rediscute avec Chéri. Sauf que notre choix était déjà bien arrêté, de plus elle nous précise que c’est vrai qu’avec 2 embryons, il y a plus de chance qu’un des deux s’accroche. Donc on lui confirme notre choix et elle en informe le laborantin qui va alors chercher nos 2 embryons.

Je m’installe sur la table d’auscultation, je me détends comme je peux. Le laborantin arrive avec une pipette contenant donc les deux embryons. Il montre à mon mari et moi-même les étiquettes prouvant que ces 2 embryons sont bien issus de nos recueils respectifs. Et puis ma Gygy fait le transfert. Voilà c’est fait! Bien sûr on ne sent rien (si ce n’est le spéculum) et on attend 10 minutes avant de partir.

Commence alors une interminable attente de 15 jours. Quinze jours où je resterai à la maison car j’ai été voir mon médecin afin d’être prolongée, je ne me sentais pas capable de reprendre le boulot. Je suis sensée faire la prise de sang le 24 décembre 2014. Mais ma patience ayant des limites, je décide de faire des tests urinaires quelques jours avant. Ces tests sont alors positifs, on se réjouit avec Chéri mais pas trop, n’osant pas y croire.

Tout ne se passa pas aussi tranquillement car le 22 décembre, je ressens alors de fortes crampes dans le bas ventre. Je ne m’inquiète pas outre mesure hormis le moment où je me rend aux toilettes et je découvre du sang. Prise de panique, j’appelle les urgences gynécologiques et leur expliquent. Ils me demandent alors de passer. J’appelle Chéri qui vient me chercher rapidement. S’en suit alors un ascenseur émotionnel, ils me font une prise de sang et on doit patienter pendant 2h pour les résultats. Deux heures plus tard, on m’installe dans une salle d’examen, on nous explique que le taux est positif et donc je suis bien enceinte (joie) mais avec l’échographie on ne peut pas vérifier qu’il s’agisse bien d’une grosse intra utérine ou extra utérine, ou même d’une fausse couche (stress à son maximum). On répétera les allers-retours aux urgences gynéco du CHU toutes les 48h car malheureusement le centre de PMA est fermé pour les vacances.

On y retourne donc le 24 décembre, le taux de béta-HCG a doublé donc c’est bon signe mais toujours impossible à vérifier à l’échographie. Puis le 26 décembre, le 30 Décembre et finalement le 1er Janvier. Pendant ce temps le taux évolue plus ou moins bien mais évolue. Ce fameux 1er Janvier 2015, je m’en souviendrai toute ma vie, et je pense que Chéri aussi. On part faire la prise de sang en début d’après midi et on nous dit de retourner chez nous en attendant les résultats. Quelques heures plus tard, les urgences m’appellent en me disant que le taux ayant bien évolué, on peut repasser pour faire une échographie. Ni une ni deux, on fonce au CHU. On est reçu aussitôt, je m’installe et on fait donc c’est fameuse échographie. On découvre alors que l’embryon est bien logé dans mon utérus, il n’y en a qu’un, ce qui correspond au taux de la prise de sang (Le sang que j’ai perdu au début correspondrait à la perte de l’autre embryon).

On est alors que joie mais le stress n’est pas totalement parti car il nous faudra faire une échographie une dizaine de jours plus tard pour vérifier que le coeur de l’embryon bat bien.

Le 13 Janvier 2015, on se rend à l’échographie avec Chéri, non sans appréhension. Ce fut un moment très chargé en émotion quand on entendit le coeur battre à vive allure. Tout allait bien et le 27 Août 2015, Lucas pointa le petit bout de son nez pour notre plus grand bonheur.

J’ai vécu cette grossesse avec beaucoup d’appréhension et de stress, surtout au début. A partir du moment où j’ai senti ses premiers coups dans mon ventre, je fus beaucoup plus détendue. Mais ça ne m’empêcha pas de le réveiller parfois que je ne le sentais pas pendant un certain laps de temps, pour me rassurer. Je vous raconterai prochainement mon accouchement qui fut aussi épique que ce début de grossesse.

Ce que je retiens surtout de tout ça c’est que oui « C’est pour la bonne cause », oui ça vaut le coup de subir tout ça car Lucas va bientôt avoir 2 ans et je me demande comment on a fait pour vivre sans enfant avant. Et oui je serais prête à revivre tout ça encore et encore pour avoir d’autres enfants, mais ça c’est un autre chapitre de notre vie à écrire.

Battez-vous pour ce que vous désirez, même si c’est très dur, même si la nature nous joue parfois des tours cruels. A l’arrivée, quelque soit le chemin parcouru, le bonheur vous attend et il peut prendre plein de formes différentes.

(Photo by Fiv.fr & Lilinaru.fr)

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